Lundi 24 juillet 2017

Soliloque autour de Daniel Pennac, des prix littéraires et des jeunes

Publié le 18 mai 2012 par dans la (les) catégorie(s) Billets

Soliloque autour de Daniel Pennac, des prix littéraires et des jeunes

Mercredi dernier, j’ai assisté à une causerie entre le romancier Daniel Pennac et l’animatrice Marie-France Bazzo, organisée à la librairie autrefois connue sous le nom de Champigny, sied rue Saint-Denis. J’en suis ressorti avec une impression mitigée. La causerie fut simple et polie. Sans plus. J’ai découvert un Daniel Pennac humble et presque gêné de toute l’attention dont il était l’objet.

Sauf à deux moments. Deux questions l’ont fait doucement réagir. Deux questions où je n’ai pas eu l’impression de voir un auteur qui se pliait presque à regret à une activité commerciale en vue de faire mousser les ventes de son dernier roman – Journal d’un corps – mais bien un homme de lettres qui laisse son cœur s’exprimer.

Le premier de ces deux moments est survenu alors que Bazzo a mentionné dans une question que le livre Chagrin d’école a connu un formidable succès. Ce à quoi Pennac a rapidement répliqué que le succès en question ne provenait pas vraiment du livre mais plutôt de la mention à l’effet que l’ouvrage s’est mérité le prix Renaudot. Il a souligné qu’il a l’impression que si les lecteurs se rappellent facilement du titre d’un livre ainsi que du prix littéraire qu’il s’est mérité, il en va tout autrement du nom de l’auteur. Autrement dit, Pennac émet l’hypothèse que les lecteurs basent leur choix de lecture essentiellement selon les mentions des prix littéraires. Mais il n’a pas osé aller plus loin. Dommage. Il faut dire que sur ce plan, je suis d’accord avec sa pensée, n’ayant pas une très grande estime des prix littéraires de l’Hexagone tels que le Goncourt, le Renaudot, le Fémina et le Médicis. J’aurai seulement aimé qu’il approfondisse un peu plus sa réflexion, ce qui aurait été fort intéressant, surtout venant d’un lauréat. Il y a évidemment un parallèle à faire entre sa réponse et le texte de sa pièce de théâtre intitulée Merci où le personnage principal, un romancier, effectue un long monologue pour remercier un jury pour un prix qui lui a été décerné.

Le second moment où Pennac a laissé transparaître un peu plus d’émotion a été lorsqu’une personne de l’assistance a posé une question à propos des jeunes d’aujourd’hui. La réponse de Pennac a laissé entrevoir un homme sensible à ce sujet. Il a alors parlé du fait qu’aujourd’hui, les jeunes sont moins des individus en devenir que des consommateurs, avec tout ce que pareille situation peut entraîner comme conséquences.

Malheureusement, ces deux moments ont été trop brefs.

Ainsi, si vous le croisez dans la rue, ou si l’opportunité vous est donnée de lui poser une question pendant une causerie, vous avez là deux pistes intéressantes à exploiter. Si jamais vous avez cette chance, laissez-moi savoir ce qu’il a répondu.

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