Samedi 21 octobre 2017

Michel Garneau : Les chevaux approximatifs

Publié le 11 décembre 2010 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Michel Garneau : Les chevaux approximatifs

Michel Garneau, le dramaturge et poète, l’homme qui a semé la confusion quant au pluriel du mot cheval en intitulant un de ses livres Les Petits chevals amoureux, le traducteur des poèmes de Leonard Cohen, offre ici à ses lecteur un hommage aux formes poétiques.

Chacun des poèmes qui composent ce recueil est construit selon des règles d’une forme bien particulière. C’est ainsi qu’il chemine d’un genre à un autre, d’abord avec la cantilène dont les rimes se suivent selon une progression toute lyrique (a b a, reprise du premier vers, b c d c d c e c e c), puis avec le terza rima (a b a // b c b // c d c // etc.), le bob and wheel dont les vers comptent leurs pieds (12 pieds 3 pieds 7 pieds 7 pieds7 pieds 7 pieds), et ainsi de suite. Si certaines formes ne sont somme toute pas trop restrictives, d’autres, par contre, imposent des structures particulièrement ardues, tels le ghazal, l’élégie ou la villanelle.

Il faut dire que Michel Garneau a été introduit aux formes par son frère Sylvain, qui aimait rire en disant : « R’garde j’compte mes pieds sur mes doigts! ». Ce sera toutefois le vers libre qui attirera en premier lieu le jeune poète. À ce sujet, il souligne que dans la préface d’un des livres de son frère Sylvain, Alain Grandbois écrivit que « le vers libre est extrêmement difficile, il lui faut une substance, il n’est appuyé par rien ». Bien que Michel adopte rapidement ce style, il se promet qu’un jour, il rendra un hommage aux formes. Maintenant qu’il se proclame officiellement vieux, il s’accorde l’autorisation de se lancer dans ce superbe projet.

cet Hommage?
c’est parce que les formes m’attirent par leur difficulté
qui me semble souvent être la prime raison de leur abandon
et que je veux toutes les faires
puisque je suis glouton
et que ça m’ouvre un considérable territoire neuf (p.21)

Tout au long du recueil, la magie est permanente, chaque poème présentant du Garneau dans sa forme la plus sublime, quelque soit le nombre de pieds du vers et la nature de la rime. Fort de son expérience de poète et de dramaturge, il démontre que le fait de suivre des règles strictes d’écriture n’entrave en rien la capacité de création. Seul inconvénient – il faut bien en trouver un – le livre ne dispose pas d’un index avec une table des matières qui nous aiderait à retrouver un genre ou un poème dans ce recueil qui compte tout de même 326 pages. Entre temps, le plaisir de lire Garneau se poursuit.


Michel Garneau
LES CHEVAUX APPROXIMATIFS
UN HOMMAGE AUX FORMES

L’Hexagone, Montréal, 2010, 326 pages

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