Mercredi 18 octobre 2017

Marilyn Yalom : Le sein : Une histoire

Publié le 05 octobre 2010 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Marilyn Yalom : Le sein : Une histoire

« Quoi de plus immuable que le sein féminin? » demande Élisabeth Badinter dans sa préface au livre de Marilyn Yalom, ouvrage où la professeure à l’Université de Stanford présente l’histoire des seins féminins à travers les époques et les cultures.

Elle débute son parcours par la Préhistoire, où le sein est symbole de prospérité, enchaîne avec l’Antiquité et le Moyen Âge, où il doit être de bonne dimension pour nourrir l’enfant, et poursuit avec la Renaissance, où le sein se fait plus petit et de forme conique. Après un « interlude » néerlandais, le sein deviendra plus politisé et vivra son apothéose en France avec Marianne, qui guide les enfants de la Révolution le sein découvert. L’historique se termine sur l’étude de l’époque contemporaine avec Freud, la publicité, la pornographie et l’affirmation féministe. Ce faisant, l’auteure démontre que les seins ont appartenu, à travers le temps et successivement, à l’enfant, à l’homme, à la famille, au politique, au psychanalyste, aux commerçants, au pornographe, au médecin, au chirurgien esthétique et, finalement, à la femme.

Le livre regorge d’informations concernant les façons qu’avaient certaines cultures de considérer cet appendice féminin. Au fil des pages, l’auteure présente les différentes façons de porter les seins : parfois ils devaient être gros et mis en évidence, d’autres fois, ils devaient être petits et cachés. Les modes vestimentaires ont favorisé certaines extravagances, ont permis d’exposer la poitrine de multiples façons, et le corset, pour ne nommer que ce vêtement, est venu les étouffer ou les mettre en évidence, selon les tendances en cours. Il faut dire que le sein est hautement symbolique, attestant du passage de l’enfance à l’âge adulte. Sans oublier que la façon de le présenter permet de distinguer la femme de bonne famille de la prostituée.

La question de l’allaitement pourrait faire l’objet d’un livre à lui tout seul. Certaines croyances interdisaient aux femmes qui allaitent d’avoir des relations sexuelles afin de ne pas nuire à la qualité du lait maternel. Dans certaines cultures, les traits de caractères auraient été transmis par le lait maternel, tout comme les infirmités physiques, d’où l’importance de bien choisir les nourrices.

Sans oublier les manuels de beauté avec leur lot de recettes parfois complètement farfelues afin que les seins conservent leur beauté.

Ce livre offre une présentation historique et culturelle du sein particulièrement intéressante et démontre qu’il s’agit là d’un marqueur de valeurs pour chaque société. Toutefois, l’auteure a décidé volontairement de ne pas se limiter dans la présentation de son sujet, avec le résultat qu’elle passe d’un pays à un autre, d’une époque à une autre sans qu’il y ait un autre fil conducteur que le sein en lui-même, ce qui donne l’impression que ce livre n’est qu’une succession d’anecdotes. Étant donné la démesure du sujet, l’auteure a privilégié une vaste présentation historique aux dépends d’une analyse un peu plus resserrée. Un choix qui n’enlève pas l’intérêt pour le sujet, cela dit.


Marilyn Yalom
LE SEIN : UNE HISTOIRE
Galaade Éditions, Paris, 2010, 381 pages.

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