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Jean-Louis Servan-Schreiber : Trop vite!

Publié le 19 septembre 2010 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Jean-Louis Servan-Schreiber : Trop vite!

En 1987, Jean-Louis Servan-Schreiber publiait un petit essai intitulé L’Art du temps (Fayard) dans lequel il effectuait une réflexion sur le rapport que nous entretenons avec le temps. Dans ce livre riche en réflexions, il démontrait, entre autres éléments, qu’il est préférable de déléguer la gestion du chéquier mais de conserver le contrôle sur son agenda, contrairement à ce qui est monnaie courante, car si l’argent peut être récupéré suite à une erreur, il en va tout autrement pour le temps dont la perte est irréversible. Dans Trop vite!, il poursuit sa réflexion sur le temps en se concentrant sur le phénomène de son accélération, un mal qui semble avoir atteint toutes les sphères de la société occidentale.

D’entrée de jeu, il fait le constat que dans les sociétés contemporaines, l’humain travaille trois fois moins qu’il y a un siècle et passe pourtant une bonne partie de son temps à se plaindre de manquer de temps. Ce qui fait dire à Servan-Schreiber que beaucoup de temps et d’énergie ont été consacrés à identifier les moyens qui permettraient d’aller plus vite sans pour autant que l’être humain ait réfléchi aux conséquences de ce choix.

Le phénomène de l’accélération est apparu au milieu du XIXe siècle, dans ce que le penseur appelle l’époque technicienne. Depuis, affirme-t-il, nous avons été pris d’une grande urgence, à savoir « celle d’étendre les progrès matériels au plus grand nombre. Car le progrès n’a de sens et d’avenir que s’il peut être partagé par la majorité des humains » (p.33). Mais ce progrès comportait une composante qui allait prendre toute la place, à savoir la vitesse. Tout doit désormais être fait vite dans une vision à court terme. Cette frénésie envahit toute les sphères de la vie, de la politique à la finance, de la consommation aux relations avec autrui.

Face à ce constat, Jean-Louis Servan-Schreiber souligne avec justesse que si la vitesse nous a permis d’obtenir des résultats inespérés, « nous avons perdu, en proportion inverse, en réflexion et en approfondissement. Est-il besoin de souligner que là réside le plus grand risque actuel, qui pèse sur nos destins collectifs et individuels? » (p.34) Une réflexion fort à propos.


Jean-Louis Servan-Schreiber
TROP VITE!
POURQUOI NOUS SOMMES PRISONNIERS DU COURT TERME

Albin Michel, Paris, 2010, 198 pages.

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