Mardi 25 juillet 2017

Jean Désy : L’esprit du Nord

Publié le 21 août 2010 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Jean Désy : L’esprit du Nord

Jean Désy, médecin et écrivain, a traversé le Québec du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Pendant ses voyages, il s’est particulièrement attaché aux habitants du Grand Nord, les Inuits du Nunavik.  Aujourd’hui, alors qu’il diminue la portion de son temps consacrée au travail, il peut désormais se consacrer à voyager et à se rapprocher de ces sédentaires autrefois nomades. Dans ce livre, l’auteur propose une réflexion sur le dualisme sédentaire-nomade, ces deux modes de vies autrefois harmonieusement vécus par chaque tribu ou famille, désormais effacés du paysage par des réflexes contemporains liés à la possession d’objets qui ne se déplacent guère.

Désy dit que son « âme est en grande partie autochtone, nomade, nordiste et vagabonde. Ce fut ainsi depuis des lunes et des lunes. Pourquoi ? Parce que je me sens nettement plus libre chez les nomades et que ma liberté passe par le départ, qu’il soit physique ou psychique, réel ou ‘fictif’. Plus je suis au nord, plus on me laisse partir, revenir et respirer librement, sans jugement autre que celui de savoir que je reste disponible, quel que soit mon lieu de passage dans le monde » (p.16).

Cet ouvrage se veut une réflexion sur l’autochtonie québécoise actuelle, sur les vertus du nomadisme et de la nordicité. Au fil des pages, l’auteur nous fait part de ses réflexions glanées au fil de ses voyages, de ses mouvances et de ses canotages. Une réflexion poétique empreinte d’une certaine naïveté qui permet d’avoir un aperçu de l’autochtonie québécoise, du nomadisme et de la nordicité tels que vu par un Blanc occidental.

Extrait :

« Partir, pour un nomade, ce n’est jamais fuir, c’est plutôt rester en quête. Partir, c’est faire en sorte que la quête se poursuive, inlassablement, en dehors du temps programmé par les horloges, les robots ou les ordinateurs. Le temps nomade dépend des pérégrinations et des déplacements des uns et des autres, des avancées et des reculs, des saisons et des époques, des arrêts obligés comme des pauses souhaitées.

Un nomade, le plus souvent, ne part pas pour fuir, mais pour retrouver ses racines, des attaches qui ne viennent pas de la terre, mais qui flottent, librement, dans le ciel de ses aventures. Le nomade est plus un ‘aérien’ qu’un ‘terrien’. C’est au cœur du vagabondage, d’une réelle itinérance, que le nomade respire avec bonheur, tout en restant attaché à un lac de son passé, à l’éternel sourire de sa mère, aux tendresses de ses amours, constamment tourné vers un avenir qui dépend de son prochain départ. L’objet de la quête du nomade se trouve dans la mouvance » (p.31).


Jean Désy
L’ESPRIT DU NORD
PROPOS SUR L’AUTOCHTONIE QUÉBÉCOISE, LE NOMADISME ET LA NORDICITÉ

XYZ éditeur, Montréal, 2010, 225 pages.

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