Lundi 18 décembre 2017

Bruno Ballardini : Jésus lave plus blanc

Publié le 01 janvier 2006 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Bruno Ballardini : Jésus lave plus blanc

La sociologie, l’ethnologie, l’anthropologie et la psychologie, pour ne nommer que ces disciplines, ont, chacune à leur manière, apportés un éclairage différent sur l’Église catholique. Alors que certains pourraient être tentés de penser que tout à été dit (et écrit) sur le sujet, voilà que Bruno Ballardini, publiciste de profession, analyse les pratiques et méthodes de cette institution à travers le prisme du marketing.

Dans Jésus lave plus blanc, l’auteur explique comment l’Église a mis au point les fondements du marketing : un logo reconnaissable entre tous (la croix), des points de ventes aux quatre coins de la planète (les églises), des campagnes de publicités savamment orchestrées à partir de la maison-mère (la basilique Saint-Pierre de Rome), un directeur-général admiré (le pape), le tout pour un produit qui est, il est bon de le rappeler, gratuit (la foi).

Aujourd’hui, le résultat parle de lui-même : non seulement cette vaste multinationale existe depuis plus de deux mile ans, mais en plus, la planète au grand complet se repère dans le temps en fonction de l’année de naissance de son fondateur. À côté de cette réussite, appeler un papier mouchoir du nom de la marque Kleenex est un très petit succès.

Au fil des pages, Bruno Ballardini analyse les éléments qui ont permis à l’Église de connaître une croissance commerciale fort enviable. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, l’institution ayant été dirigée de façon à assurer sa pérennité, tout comme le ferai n’importe quel dirigeant d’entreprise. L’auteur décrit et explique les éléments de cette recette gagnante : les arguments de vente (la culpabilité), l’animation des points de vente (les messes), les slogans, les missions commerciales à l’étranger afin d’exporter le produit (les missionnaires), sans oublier les opérations de d’étalonnage (benchmarking), et bien plus encore. Au final, il présente les stratégies que déploie l’Église qui doit, comme de nombreuses autres entreprises, faire face à des changements de paradigmes au sein de sa clientèle.

À travers ce livre, dont la page couverture pourrait laisser croire à tord à un essai au traitement léger, Bruno Ballardini pose un regard acerbe non pas sur la vénérable institution, mais bien sur le marketing, qu’il associe volontiers à une secte. Sans tomber dans la polémique, il s’agit d’un livre qui offre une analyse inusitée d’un sujet mainte fois traité. Fin connaisseur de l’histoire de l’Église catholique, il appui ses propos par une bibliographie travaillée, citations à l’appui.

Détail intéressant, ce livre ne sera probablement ni conspué ou jugé blasphématoire par l’Église catholique, signe d’une maturité ou d’une ouverture d’esprit qui n’est malheureusement pas l’apanage de toutes les religions.


Bruno Ballardini
JESUS LAVE PLUS BLANC
OU COMMENT L’ÉGLISE A INVENTÉ LE MARKETING
Montréal, Boréal, 2006, 204 pages.

| | Partagez

Mots-clés : ,

Commentez cet article

Veuillez respecter les champs obligatoires. Votre courriel restera confidentiel.

Ce site supporte les gravatars.

Vous pouvez employer ces balises HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>