Mercredi 22 novembre 2017

Avoir un enfant : l’art d’être père (seconde partie)

Publié le 06 février 2010 par dans la (les) catégorie(s) Articles

Avoir un enfant : l’art d’être père (seconde partie)

Avoir un enfant

Un fait : avoir un enfant. Deux réalités : être mère et être père. Pour mieux comprendre ces deux réalités, voici deux livres, proposant chacun un angle différent. Le premier aborde la maternité sur un ton humoristique tandis que le second traite de l’art d’être père, dans une analyse sur fond psychanalytique. Pourquoi ? Peut-être parce que devenir père est une étape à prendre au sérieux, tandis que pour plusieurs, il importe de dédramatiser le fait de devenir mère. Voyage dans deux réalités.

Seconde partie : l’art d’être père

Françoise Dolto, célèbre psychanalyste, a affirmé qu’un « père doit chaque jour adopter son enfant ». Il n’est rien de plus vrai. Car le père, contrairement à la mère, n’a pas le contact physique unique que procure la gestation. Cela n’exclut en rien que l’expérience de la paternité soit unique et profonde. Au fait, qu’est-ce qu’être père?

Dans son livre intitulé : L’Art d’être père, le psychanalyste et psychosociologue Jean-Claude Liaudet présente des pistes de réflexion afin de mieux comprendre les enjeux de la paternité. Soulignant qu’il ne s’agit ni d’un guide ni d’un manuel du père parfait, il affirme qu’on ne naît pas père, on le devient.

Reconnaître
Il est raconté qu’à la naissance d’un enfant dans l’empire romain, le père, pour reconnaître l’enfant, devait le soulever au-dessus de sa tête. La symbolique du geste consistait à reconnaître tant moralement que physiquement son enfant. Car reconnaître son enfant, c’est lui donner la place qui lui revient et la possibilité d’affirmer son existence propre. C’est aussi reconnaître sa responsabilité à l’égard de cet enfant totalement dépendant de ses parents au début de sa vie.

Aimer
L’amour du père est différent de celui de la mère, et cette différence permet de créer un équilibre. L’amour paternel est vécu différemment selon qu’il s’agit d’un garçon ou d’une fille.

Une des étapes importantes dans la vie d’un garçon est appelée en psychanalyse le complexe d’Œdipe. Son équivalent chez la fille est le complexe d’Électre. C’est un processus qui consiste, vers l’âge de 3 à 5 ans, à éprouver pour le parent du même sexe un sentiment de rivalité afin de lui ravir sa place auprès du parent du sexe opposé. Freud soulignera que le père joue un rôle déterminant dans le développement de l’enfant en lui permettant de dépasser ce complexe. Si le père fait preuve d’assurance et de finesse dans cette étape de vie, cela permet à l’enfant de construire un moi assez fort pour affronter les défis de la vie.

Transmettre
Le père lègue des gènes mais aussi des valeurs et des savoirs. Toutefois, pour les transmettre, il faut renoncer à l’idée que l’enfant soit son prolongement idéal. L’enfant ne sera pas tout ce que le père aurait voulu être, à commencer par le statut social ou la carrière professionnelle. Souvent, les enfants sont narcissiquement investis par leur père afin qu’ils réussissent là où il a échoué.

Pour transmettre, il faut aussi que le père soit capable de renoncer à sa toute-puissance. Ce faisant, il sera en mesure d’accepter que l’enfant choisisse ce qui compte pour lui parmi ce bagage et qu’il puisse le transformer comme bon lui semble.

Conclusion
Il n’existe pas de guide pour être parent. En fait, un parent doit faire trois choses au quotidien : être conscients de son rôle, éviter de se juger par rapport aux autres et considérer l’enfant.

Considérer l’enfant, c’est en contrepartie accepter de se tromper. Peu de temps après la naissance de mon premier enfant, une amie psychologue me souligna que les enfants sont très sensibles à l’injustice, surtout celle commise à leur égard, et que ces injustices peuvent découler en de profondes frustrations.

Ainsi, elle me suggéra, dans le cas où je commette une injustice, d’en parler avec ma fille et de bien humblement lui demander pardon. Je me suis toujours efforcé de suivre ce conseil. Et vous savez quoi ? Ma fille m’a toujours pardonné.

(Première partie : L’art d’être mère)


Jean-Claude Liaudet
L’ART D’ÊTRE PÈRE
UNE HISTOIRE DE REGARD

Albin Michel, Paris, 2009, 189 pages.

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